Bakanja - ville News

REFUGE POUR LES ENFANTS DE LA RUE A LUBUMBASHI R.D.CONGO

mercredi 4 février 2009

Lubumbashi ville touristique !

C’est vrai qu’il y a beaucoup de belles choses ici à Lubumbashi qui valent la peine d’être visitées. Mais je ne crois pas que les garçons qui viennent frapper chez nous soient intéressés par les sites touristiques Lushois.

Les voyageurs de trains les ont sûrement déjà remarqués sur le trajet Ilebo – Lubumbashi. Chaque train qui entre dans la gare à Lubumbashi comporte un certain nombre de voyageurs clandestins. Dans la cour de BakanjaVille, nous savons dire quand un train est arrivé, parce qu’à chaque fois, nous accueillons des nouveaux venus de tout âge confondu. De temps en temps, c’est effrayant de voir arriver des tous petits de 6 – 7 ans. On se demande comment ils sont capables de faire un voyage pareil. Ce n’est pas étonnant qu’il y en ait plusieurs qui ont terminé la traversée handicapés. Nous pouvons nous poser la question de la responsabilité de laisser monter des mineurs au dessus du train avec tous les dangers que cela importe ?

En quête de quoi ?
Ces jeunes sont à la recherche d’un meilleur sort, la publicité se fait de bouches à oreilles : à Lubumbashi, il est plus facile de s’en sortir ! Il y a plus d’activités économiques et donc la survie y est plus facile. Et c’est vrai qu’un jeune « qui se débrouille un peu » (faire des petits boulots) revient le soir facilement avec trois à quatre mille francs et donc il y a moyen de survivre ici.
D’autres souhaitent étudier ! Avec leur vie antérieure, ils voient que cela ne donne pas d’avenir et donc s’ils pouvaient aller à l’école, ça pourrait changer. C’est là souvent que commence la grande déception. Le premier objectif de Bakanja Ville est de réinsérer les enfants dans leur famille. Et donc le discours que nous tenons avec les jeunes c’est d’abord la réinsertion familiale. Le réseau des ‘Œuvres Maman Marguerite’, auquel nous appartenons exige que pour chaque garçon ou fille qui étudie chez nous, nous ayons une référence familiale. Je crois que c’est logique sinon nous risquons que certains jeunes perdent les traces de leurs familles : la famille déménage parce que le papa ou la maman est muté ou autre, et au retour l’enfant trouve d’autres personnes dans la maison. Pour les jeunes venus avec le train, c’est difficile d’avoir cette référence et ce contact avec la famille. Par conséquent, l’accès pour eux à l’enseignement ici, à Lubumbashi, devient difficile. Certains décident de retourner, d’autres restent dans la rue et d’autres encore vont devenir des vrais voyageurs !

Le va -et -vient !
Pour un bon nombre de garçons, voyager sur le train devient un jeu. Un beau matin, ils nous quittent en disant qu’ils rentrent chez eux, naturellement sans ticket de voyage. Et quelques semaines après, ils sont de nouveau là et ils nous rapportent les nouvelles d’autres jeunes qui sont aussi déjà passés à Bakanja Ville. Certains ont déjà fait 4 ou 5 fois le voyage, ils voient que la situation familiale n’a pas encore changé et donc ils reviennent à Lubumbashi.

‘Vagabonds’ avec un cœur !
Je n’aime pas le terme ‘vagabond’ mais communément on appelle nos garçons ainsi ! Après nouvel an, un garçon d’environ 9 ans se prépare pour rentrer par le train. Un Frère lui demande de lui montrer ce qu’il a dans son sac : des nouveaux habits pour lui mais également pour son grand frère qui est resté à la maison. Il aurait voulu emporter un téléphone pour sa maman parce qu’elle ne pouvait pas leur donner chaque jour un repas, et avec ce téléphone elle aurait pu gagner de quoi se nourrir ! Il est donc parti sans téléphone en espérant qu’il ne fera pas le chemin de retour.

Nous croyons qu’on devrait organiser plus de contrôles dans les gares, cela pourrait déjà diminuer fortement cette immigration.

La fête de Saint Jean Bosco

Comme nous l’avions signalé dans le numéro précédent, la Saint Jean Bosco est l’une des deux fêtes qui font vibrer notre œuvre avec les jeunes. Chaque 31 janvier, nous célébrons la fête de notre Saint fondateur Don Bosco. Quel remue-ménage dans les installations de Bakanja centre ! Une journée très mouvementée et très engageante aussi bien pour les encadreurs que pour les encadrés. Elle a commencé à 9h00 par une messe célébrée par le P. Jacques BALABALA et chantée par une chorale performante de Bakanja Centre. L’ambiance est déjà au zénith à la messe à laquelle a pris part aussi la maison Bakanja Magone qui s’est retirée juste après cette eucharistie, centre de notre vie chrétienne salésienne.
Ensuite, ont suivi les jeux auxquels ont participé avec détermination tous nos destinataires présents avec une belle motivation à la clé, puisque plus on gagnait aux jeux, plus on recevait des jetons qui, selon le nombre, donnaient droit à des bonbons, biscuits, savons, balle de tennis, radio, casquette, pantalon, polo. Par la présente, nous tenons à remercier tous ceux qui, de loin ou de près, nous ont aidé avec les prix que nous avons accordés à nos jeunes en vue de rendre la fête attrayante. Permettez-nous de citer : Bazano, Bralima, Ets Edo, Jambo Mart, Nzangoula progress, Ets Mubanzo, Liberty sprl, Sofco sprl, etc. qui ont ainsi contribué à la fête de nos jeunes pauvres et abandonnés. Il est à noter que ces maisons se sont démarquées de tant d’autres visiblement plus aisées, mais dont le refrain de la crise financière était plus fort que l’écho du démuni qui crie au secours. Nous ne cesserons donc pas de témoigner notre gratitude à ceux qui pensent à nous parce que c’est encore grâce à eux qu’éducateurs et éduqués ont mangé et bu à la grande satisfaction de tous. La cuisine a eu du travail car 620 repas ont été servis à des jeunes venus de tous les coins de Lubumbashi.
Par après, deux matchs ont opposé les minimes et cadets de Bakanja Centre contre ceux de Bakanja Ville. Les meilleurs ont gagné ! Enfin, la joie était énorme lorsque après le sport, les jeunes ont reçu, comme conclusion de la fête, un paquet de biscuits et un sucré. Nous disons merci à tous, religieux salésiens, encadreurs laïcs et jeunes pour avoir fêté avec autant de ferveur notre Père fondateur, Don Bosco – père et ami des jeunes – dont la flamme de la vocation ne cesse d’embraser la terre entière chaque jour davantage.
Le thème de la journée était : « une journée sans enfants dans la rue », je ne crois pas que tous étaient au rendez-vous mais quand même une bonne partie d’entre eux était présent.

Statistique des visites effectuées en janvier

Visites de négociations : 6
Visites avec réintégrations : 5
Visites de suivis : 54